Quand j'eus un jour, on me transféra de St-Loup au CHUV à Lausanne. Bien sûr avec l'autorisation de mes parents. C'est une infirmière qui a emmené mes parents et moi à Lausanne. Directement après, j'ai été dans une couveuse pour me protéger des bactéries qu'il y aurait pu avoir en plus. Ensuite, les physiothérapeutes m'ont tout de suite prise en charge. Ils essayaient de me remettre les jambes et les mains dans le bon sens, mais uniquement manuellement. Il y a eu, après, une ou deux mauvaises nouvelles qui sont arrivés aux oreilles de mes parents malgré les médecins... Comme quoi, à l'avenir je ne pourrais pas marcher, que je marcherais à quatre pattes avec le bas de la jambe devant. Comme dans le temps, les gens devaient marcher comme cela quand ils étaient atteints d'arthrogrypose. Les médecins ne l'ont pas dit à mes parents. Mais ils en avaient parlé à un colloque. Et une amie de mes parents se trouvait dans la pièce quand le colloque a eu lieu, car elle était infirmière. Même que les médecins avaient pris les radiographies de mes deux jambes et les avaient barrées d'une croix rouge en disant « ça, ça ne marchera jamais ». Mes parents étaient effondrés... Mais par la suite, ils ont remarqué que le médecin s'était largement trompé...
Après cet épisode, je suis restée très longtemps à l'hôpital, trois mois...